Transmission d’entreprises en 2026 : un marché sous-exploité ?


État des lieux 2025 et perspectives 2026 ?


Un net coup de frein du marché des cessions-acquisitions en 2025

En 2025, le marché français de la transmission d’entreprises (TPE/PME) confirme un fort déséquilibre entre le potentiel de cessions et les transmissions réellement réalisées. Le nombre de transmissions effectives est nettement plus modeste : en 2024, seules environ 26 000 entreprises d’au moins un salarié ont changé de mains, contre un potentiel annuel estimé à 74 000 si toutes les intentions se réalisaient.
Dans ce contexte, et bien que les données complètes de 2025 pour les transmissions effectives ne soient pas encore consolidées, le constat reste similaire : le marché n’a pas connu d’accélération significative, ce qui signifie que la majorité des intentions de cession ne se traduisent pas en transactions réelles. Les transmissions qui se concrétisent en 2025 sont généralement préparées en amont, structurées autour d’une valorisation claire, d’une due diligence solide et une relation approfondie du couple cédant repreneur.

Le marché des fusions-acquisitions en France en 2025 est marqué, quant à lui, par un ralentissement structurel, particulièrement visible dans la valeur totale des opérations, même si certaines dynamiques de volume restent actives dans des segments plus petits.
Une étude CNCEF M&A fondée sur les données CFNEWS fait état d’une diminution de 17 % des opérations sur douze mois glissants, passant de 2 229 à 1 861 transactions, avec un recul particulièrement prononcé du Corporate M&A (-27 %). Tous les secteurs sont touchés — technologie, services, santé, énergie — confirmant un mouvement général de repli. Pour 2025, le volume total d’opérations est attendu entre 1 700 et 1 800 transactions, soit une contraction de 20 à 25 % par rapport à 2024, avec un risque de prolongation en 2026 si les incertitudes persistent.
Selon les données d’Avolta pour Les Echos, la valeur totale des sorties (exits) dans la French Tech s’est effondrée de -73 % par rapport à l’année précédente, à environ 4,1 milliards d’euros, un niveau proche de celui observé en 2020. Cela traduit une contraction très nette des valorisations sur le segment tech, même si le nombre de transactions a augmenté, preuve d’un marché plus « petit » mais toujours vivant.
Parallèlement, des indices comme l’Argos Index montrent que les multiples de valorisation médiane des transactions mid-market en zone euro, qui inclut les PME/ETI, restent à leur plus bas niveau depuis plusieurs années : 8,7x l’Ebitda au 3ᵉ trimestre 2025, contre 9,5x un an plus tôt, ce qui illustre une pression baissière généralisée

Des facteurs macroéconomiques structurants et une sélectivité accrue des acquéreurs

Ce retournement s’inscrit dans un environnement macroéconomique profondément modifié par rapport aux années post-Covid. La fin de l’argent abondant, la remontée durable des taux d’intérêt, l’inflation persistante et le durcissement des conditions de financement ont mécaniquement réduit l’appétit des acquéreurs et renchéri le coût des opérations. PwC France souligne que les acheteurs privilégient désormais les entreprises rentables ou présentant une trajectoire claire vers la rentabilité, dans un contexte où les valorisations technologiques ont été historiquement élevées. Les investisseurs et acquéreurs se montrent plus prudents, plus sélectifs et davantage orientés vers la viabilité économique que vers la croissance rapide. Cette évolution explique la raréfaction des « mega-deals » et la multiplication d’opérations ciblant des actifs stratégiques ou des niches spécifiques. Selon KPMG, l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle dans les processus de dealmaking améliore l’efficacité des due diligence et des intégrations post-acquisition, contribuant à une professionnalisation accrue du marché. Parallèlement, Legacy Advisors observe une normalisation des valorisations dans des secteurs comme la fintech ou l’edtech, tandis que l’IA, la cybersécurité, l’infrastructure numérique et la deeptech conservent des multiples attractifs, concentrant l’intérêt des acheteurs.

Des dynamiques contrastées selon les types d’opérations et les sources de financement

L’analyse fine des segments du marché révèle des trajectoires différenciées. Les opérations de build-up reculent de 9 %, pénalisées par le coût du financement et par des valorisations encore jugées élevées dans certains secteurs. À l’inverse, les opérations de LBO progressent de 2 %, portées par des fonds disposant de capitaux importants à déployer et adoptant une sélectivité renforcée. Les fonds de private equity jouent ainsi un rôle stabilisateur du marché, confirmant les observations de BPM sur la persistance des stratégies de buy-and-build et de consolidation sectorielle. Côté financement, la contraction est marquée : le capital-développement baisse de 18 %, les levées de fonds de 20 %, tandis que le venture capital et le growth equity restent sous pression avec des tours de table réduits. Cette raréfaction du capital renforce mécaniquement le pouvoir de négociation des acquéreurs et accentue la pression sur les entrepreneurs pour démontrer des modèles économiques solides. Goldman Sachs relève néanmoins, au niveau mondial, un redressement progressif de certains segments du M&A, avec des transactions plus complexes et plus stratégiquement ciblées. RSM Global anticipe, pour l’Europe, une résilience continue portée par l’innovation et la durabilité, tandis que KPMG évoque une possible reprise modérée en 2026, soutenue par la remise en route de projets différés et par l’activité persistante du private equity.

Un potentiel massif de transmission d’entreprises, mais largement sous-exploité

Au-delà des startups et de la French Tech, la question de la transmission d’entreprise constitue un enjeu majeur pour l’économie française. Selon Bpifrance, 40 % des dirigeants de TPE, PME et ETI envisagent de transmettre leur entreprise dans les cinq prochaines années, représentant un potentiel d’environ 370 000 entreprises à transmettre d’ici 2030. Pourtant, le rythme actuel n’est que d’environ 26 000 transmissions annuelles, ce qui conduirait à seulement 130 000 transmissions sur cinq ans, soit près de trois fois moins que le potentiel identifié. Cet écart s’explique par plusieurs freins : lorsque la cession est envisagée à plus d’un an, 70 % des dirigeants n’ont pas entamé de démarches concrètes, alors qu’une transmission structurée nécessite selon l’étude 12 à 18 mois, voire davantage. Les freins psychologiques — difficulté à lâcher prise, attachement affectif à l’entreprise — sont fréquents, tout comme la difficulté à trouver un repreneur adéquat ou les divergences de prix entre attentes des cédants et capacités des repreneurs. Les critères de choix des cédants sont majoritairement humains : 40 % privilégient les qualités humaines du repreneur et 38 % ses compétences et son expérience, devant les considérations strictement financières. La continuité des emplois, des savoir-faire et de l’ancrage territorial est centrale, en particulier dans les entreprises familiales

Enjeux stratégiques pour 2026 et rôle clé de l’accompagnement professionnel

Les perspectives pour 2026 restent prudentes mais orientées vers une reprise graduelle. The Guardian souligne que, malgré l’inflation, la volatilité boursière et les incertitudes géopolitiques, l’environnement des deals s’améliore à mesure que les valorisations se normalisent et que les IPO redémarrent lentement. Pour les fondateurs et dirigeants, la discipline financière devient incontournable : démontrer la rentabilité, des avantages compétitifs tangibles et une gouvernance structurée est désormais une condition d’accès au marché. Entreprenerds.uk observe par ailleurs une montée en puissance de stratégies hybrides mêlant equity, venture debt et financements mixtes. Dans ce contexte exigeant, l’accompagnement professionnel apparaît déterminant : environ 85 % des cédants potentiels envisagent de se faire accompagner. Des cabinets spécialisés comme Axe Avenir positionnent leur valeur ajoutée sur la préparation et la valorisation de l’entreprise, la structuration du dossier, l’identification d’acquéreurs qualifiés, la négociation équilibrée, la coordination des due diligence et la sécurisation juridique de l’opération, tout en jouant un rôle de médiateur sur les dimensions émotionnelles. En définitive, après une décennie d’euphorie, le marché entre dans une phase plus réaliste et disciplinée : moins de deals spectaculaires, mais davantage d’opérations fondées sur la qualité des actifs, la solidité des modèles économiques et l’alignement stratégique entre cédants et repreneurs.


Le profil des cédants en 2025 : une évolution démographique marquée


L’un des éléments structurants de cette dynamique de la transmission d’entreprise réside dans le profil démographique des chefs d’entreprise en France. Selon les statistiques, environ 700 000 dirigeants, principalement à la tête de PME et de TPE, atteindront l’âge de la retraite dans les prochaines années. Cela constitue un défi majeur pour la continuité de nombreuses entreprises. La génération des baby-boomers est particulièrement concernée par cette situation, et beaucoup de dirigeants se trouvent aujourd’hui dans l’obligation de planifier leur départ.

En 2025, le profil type du cédant d’entreprise se caractérise par un âge moyen de 55 ans et une expérience moyenne de 20 ans à la tête de leur société. La principale motivation des cédants reste le départ en retraite, qui concerne 60 % d’entre eux. Toutefois, d’autres raisons comme un changement de vie professionnelle, la diversification du patrimoine, ou des contraintes familiales sont également évoquées. Une évolution notable par rapport aux années précédentes est la montée en puissance de jeunes entrepreneurs parmi les cédants : 15 % des dirigeants qui vendent leur entreprise en 2024 ont moins de 40 ans, contre 10 % en 2023. De plus, la proportion de femmes impliquées dans des opérations de cession-reprise continue de croître, atteignant 30 % en 2024, contre 25 % l’année précédente.


Diversité des profils de repreneurs


Le marché de la cession-reprise en 2025 est marqué par une grande diversité des profils de repreneurs. Traditionnellement, les repreneurs familiaux ou internes constituaient la majorité des cessions. Ces profils, souvent des membres de la famille ou des cadres de l’entreprise, apportent une continuité naturelle à l’entreprise, ce qui est particulièrement valorisé dans des secteurs comme l’artisanat, l’agriculture, ou les PME industrielles. Toutefois, la transmission familiale peut parfois poser des défis, notamment en matière de gestion des relations intra-familiales.

D’autres profils, comme les managers expérimentés issus de grandes entreprises, cherchent de plus en plus à reprendre des PME dans le cadre d’un Management Buy In (MBI). Ce type de repreneur apporte une expertise précieuse en gestion et en stratégie, mais peut rencontrer des difficultés dans les secteurs où une connaissance technique spécifique est requise.

Les entrepreneurs en série, quant à eux, voient la reprise d’entreprise comme une opportunité de diversification ou de redressement. Habitués à créer ou gérer plusieurs entreprises, ces repreneurs sont souvent dynamiques et cherchent à innover ou à restructurer les entreprises qu’ils reprennent.

Enfin, un profil en émergence est celui des jeunes diplômés et entrepreneurs débutants. Ces jeunes repreneurs, souvent issus de formations en gestion ou en ingénierie, voient la reprise d’une entreprise comme une alternative plus rapide et moins risquée à la création d’une entreprise ex nihilo. Ils sont particulièrement attirés par des entreprises ayant un fort potentiel de croissance, notamment dans les secteurs du numérique et de la technologie.


Des opportunités présentes sur le marché de la transmission


Les fonds d’investissement spécialisés dans les PME et TPE jouent un rôle croissant dans la reprise d’entreprises, apportant des capitaux et facilitant les opérations de transmission. Ces fonds, souvent axés sur le capital-transmission, permettent à des repreneurs de bénéficier de financements et d’accompagnements stratégiques, ce qui contribue à la réussite des opérations.

Par ailleurs, les dispositifs fiscaux comme le pacte Dutreil continuent d’encourager les transmissions familiales en allégeant considérablement la fiscalité. Ce dispositif permet une exonération de 75 % des droits de mutation à condition que l’entreprise soit conservée dans le cadre familial pendant plusieurs années, un levier incitatif particulièrement attractif pour de nombreuses entreprises familiales.

Un autre facteur favorable est la montée en puissance de l’entrepreneuriat de reprise. Alors que la création d’entreprise à partir de zéro peut sembler risquée pour certains, la reprise d’une entreprise existante est perçue comme une option plus sûre. Cela explique en partie pourquoi de plus en plus d’entrepreneurs s’intéressent à la reprise d’entreprises existantes, en particulier dans des secteurs en croissance comme les technologies numériques ou l’économie verte.


Objectif : pérennité des outils et des emplois


Les incertitudes politiques et économiques risquent de prolonger l’attentisme ambiant sur 2026. Cependant, il est à noter que les dirigeants anticipent de plus en plus la transmission de leurs entreprises ! Dans une récente étude « dirigeants face à la transmission », 71 % des dirigeants interrogés déclarent se faire accompagner, 65 % considèrent que l’identification d’un successeur est prioritaire en matière de transmission, et la moitié des interrogés considèrent transmettre d’abord une équipe et une vision stratégique.


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